BIMI : le logo dans la boîte de réception, et ses conditions

BIMI affiche votre logo à côté de vos messages. Ce que le standard exige réellement, ce que coûte le certificat de marque, et pourquoi le logo reste souvent invisible.

Mis à jour le 16 septembre 2026 · Rédaction Libration

BIMI est la dernière marche, et elle ne se monte pas en premier. L’idée est simple : vous publiez dans votre DNS l’adresse d’un fichier de logo, et les messageries qui participent affichent ce logo à côté de votre nom dans la liste des messages. Gmail, Yahoo et Apple Mail le font, chacun avec ses propres conditions.

Le mot important est « participent ». BIMI n’est pas une norme contraignante mais un accord entre opérateurs, et ils l’appliquent différemment. Surtout, tous posent la même condition préalable : votre domaine doit déjà être protégé par un DMARC appliqué. Le logo n’est pas un effet de style, c’est une récompense. Si vous en êtes encore à p=none, la page utile pour vous aujourd’hui est celle de DMARC, pas celle-ci.

À quoi ressemble l’enregistrement

L’enregistrement BIMI est un TXT publié sur default._bimi devant votre domaine.

default._bimi.exemple.fr.  IN  TXT  "v=BIMI1; l=https://exemple.fr/logo-bimi.svg; a=https://exemple.fr/vmc.pem"
MorceauCe qu’il fait
defaultLe sélecteur BIMI. default couvre tout le domaine ; d’autres sélecteurs permettent des logos distincts par service d’envoi.
v=BIMI1Ouvre l’enregistrement.
l=L’adresse HTTPS du fichier SVG. Un l= vide signifie explicitement : pas de logo pour ce domaine.
a=L’adresse HTTPS du certificat de marque au format PEM. Facultatif selon le standard, indispensable en pratique chez Gmail et Apple Mail.

Deux fichiers doivent donc exister et rester accessibles publiquement en HTTPS, aussi longtemps que l’enregistrement existe. Ce n’est pas une opération que l’on fait une fois : c’est une chose à maintenir.

Les trois conditions, dans l’ordre

ConditionCe qu’elle exigeCe qu’elle coûte
DMARC appliquép=quarantine ou p=reject, sans pct réducteur, sur le domaine lui-mêmedu temps, pas d’argent
Logo au bon profilSVG Tiny 1.2 Portable/Secure : carré, avec un élément title, sans script, sans animation, sans police ni image externeune heure chez un graphiste, ou un convertisseur en ligne
Certificat de marqueUn VMC ou un CMC délivré par une autorité reconnue, publié en PEMquelques centaines à un peu plus de mille euros par an, plus une marque déposée pour un VMC

La troisième ligne est celle qui arrête la plupart des projets, et c’est normal. Un VMC suppose que votre logo soit déposé comme marque auprès d’un office reconnu – l’INPI en France, l’EUIPO au niveau européen. Sans dépôt, cette voie est fermée. Le CMC, plus récent, s’appuie sur un usage établi du logo plutôt que sur un dépôt, et il n’est pas honoré partout de la même façon.

Faut-il se lancer ?

Si vous envoyez peu de courrier commercial, la réponse honnête est : probablement pas tout de suite. Le bénéfice de BIMI est une meilleure reconnaissance visuelle dans une liste de messages – réel, mais modeste, et il ne vaut le coût annuel que pour les domaines qui écrivent à beaucoup de gens. En revanche, la condition préalable – un DMARC appliqué – vaut pour tout le monde, et elle ne coûte rien.

Comment le mettre en place

L’ordre compte. Chaque étape suppose la précédente, et sauter un cran ne fait pas gagner de temps : le logo reste simplement invisible.

  1. Vérifiez DMARC. p=quarantine ou p=reject sur le domaine, sans pct inférieur à 100. Notre vérification vous le dit en une seconde.
  2. Préparez le SVG. Format carré, un élément title renseigné, aucun script, aucune animation, aucune référence externe. Un fichier exporté tel quel depuis un logiciel de dessin ne convient presque jamais.
  3. Publiez le SVG sur votre propre domaine, en HTTPS, avec un certificat valide et sans redirection.
  4. Commandez le certificat auprès d’une autorité qui délivre des VMC ou des CMC. Comptez plusieurs semaines : la vérification de la marque n’est pas automatique.
  5. Publiez le PEM de la même manière que le SVG, en HTTPS, sur votre domaine.
  6. Publiez l’enregistrement TXT sur default._bimi, avec l= et a=.
  7. Notez la date d’expiration du certificat dans votre agenda, avec un rappel deux mois avant.
HébergeurOù publier l’entrée TXT
OVHcloudWeb Cloud → Noms de domaine → Zone DNS, sous-domaine default._bimi
GandiDomaines → Enregistrements DNS, nom default._bimi
InfomaniakManager → Domaines → Zone DNS
o2switchcPanel → Éditeur de zone DNS
LWSPanneau LWS → Domaines → Gestion DNS
IONOS FranceDomaines et SSL → DNS → Ajouter un enregistrement TXT
Microsoft 365 et Google WorkspaceChez le gestionnaire de votre zone : ni l’un ni l’autre n’héberge la zone, sauf si vous lui avez confié le domaine

Les constats en détail

Plusieurs enregistrements BIMI

Plus d’un TXT commençant par v=BIMI1 existe sur le sélecteur vérifié.

Un seul est permis. Face à plusieurs, les messageries n’en choisissent pas une : aucun logo ne s’affiche. La cause habituelle est un essai laissé en place à côté de la version définitive.

Ce qu’il faut faire. Gardez le bon, supprimez les autres. Si vous voulez des logos différents selon le service d’envoi, utilisez des sélecteurs distincts, pas plusieurs enregistrements sur le même.

BIMI sans DMARC appliqué

L’enregistrement BIMI existe, mais la consigne DMARC du domaine est p=none, ou elle est réduite par un pct inférieur à 100.

C’est la condition d’entrée, et elle n’est pas négociable : aucune messagerie participante n’affiche un logo pour un domaine qui ne fait pas appliquer sa propre consigne. Tout le travail sur le SVG et le certificat reste sans effet visible.

Ce qu’il faut faire. Laissez BIMI de côté et occupez-vous de DMARC : lire les rapports, aligner les canaux d’envoi, passer à p=quarantine puis p=reject. Le logo apparaîtra ensuite de lui-même, sans autre intervention.

L’enregistrement ne contient pas de champ l=, ou celui-ci est vide.

Un l= vide a un sens précis dans le standard : il déclare qu’il n’y a délibérément pas de logo pour ce domaine, ce qui peut servir à empêcher qu’un logo hérité s’affiche. Si ce n’était pas votre intention, l’enregistrement ne sert à rien.

Ce qu’il faut faire. Ajoutez l=https://…/logo.svg en pointant vers le fichier, sur votre domaine, en HTTPS.

Logo BIMI inaccessible

Nous n’avons pas pu charger le fichier indiqué par l=.

Les messageries le récupèrent exactement de la même façon que nous. Si le chargement échoue chez nous, il échoue chez elles, et rien ne s’affiche. Les causes ordinaires : certificat TLS expiré, fichier déplacé lors d’une refonte du site, redirection vers une page d’accueil, ou accès restreint par le serveur.

Ce qu’il faut faire. Ouvrez l’adresse dans un navigateur en navigation privée. Vous devez obtenir le fichier SVG lui-même, en HTTPS, sans avertissement de certificat et sans redirection. Corrigez ce qui bloque, puis relancez la vérification.

Logo BIMI au mauvais format

Le fichier se charge, mais il ne respecte pas le profil SVG exigé.

BIMI n’accepte pas n’importe quel SVG : le profil Tiny 1.2 Portable/Secure impose un format carré, un élément title, et interdit scripts, animations, polices externes, images incorporées et liens sortants. Ces restrictions ne sont pas cosmétiques – elles existent parce que le fichier sera affiché par des millions de clients de messagerie.

Ce qu’il faut faire. Repartez du logo vectoriel d’origine et exportez-le au profil requis. Plusieurs convertisseurs en ligne gratuits le font, et les autorités qui délivrent les certificats proposent aussi un contrôle de conformité. Vérifiez en particulier trois points : le rapport largeur-hauteur exactement carré, la présence d’un title, et l’absence de toute référence à une police.

BIMI sans certificat de marque

L’enregistrement ne contient pas de champ a=.

Le standard rend ce champ facultatif ; la pratique ne le fait pas. Gmail et Apple Mail exigent un certificat de marque vérifié pour afficher un logo. Sans lui, votre enregistrement est correct et reste sans effet chez les deux acteurs qui comptent le plus.

Ce qu’il faut faire. Deux options défendables. Soit vous acquérez un VMC ou un CMC, sachant que le VMC suppose une marque déposée et que le processus prend plusieurs semaines. Soit vous conservez l’enregistrement tel quel, en sachant qu’il ne produit presque rien aujourd’hui – une position acceptable si vous prévoyez de déposer la marque.

Certificat de marque inaccessible

Nous n’avons pas pu charger le fichier indiqué par a=.

Même mécanique que pour le logo : ce que nous ne pouvons pas récupérer, les messageries ne le récupèrent pas non plus. Le cas se produit souvent quand le PEM a été déposé dans un répertoire que le serveur web refuse de servir, ou quand il porte une extension inconnue de la configuration.

Ce qu’il faut faire. Ouvrez l’adresse dans un navigateur : le contenu du fichier doit s’afficher ou se télécharger. Vérifiez aussi que le serveur ne le sert pas avec un type de contenu qui déclenche un refus.

Le fichier n’est pas un certificat

L’adresse répond, mais son contenu ne contient aucun certificat au format PEM.

Ce que nous trouvons le plus souvent à la place : une page d’erreur HTML renvoyée avec un code de succès, une page d’accueil après redirection, ou un fichier vide créé par un dépôt raté.

Ce qu’il faut faire. Récupérez le fichier tel que l’autorité vous l’a livré et redéposez-le. Un PEM commence par -----BEGIN CERTIFICATE----- ; ouvrez-le dans un éditeur de texte pour vous en assurer avant de le publier.

Certificat de marque illisible

Le fichier contient bien un certificat, mais il ne peut pas être analysé.

Presque toujours un accident de manipulation : ouverture puis réenregistrement dans un traitement de texte, transfert en mode binaire qui a modifié les fins de ligne, ou chaîne de certificats tronquée à la copie.

Ce qu’il faut faire. Retéléchargez le fichier chez l’autorité et publiez-le sans l’ouvrir ni le modifier. Si vous devez le manipuler, utilisez un éditeur de texte brut.

Certificat de marque expiré

La date de validité du certificat est dépassée.

Un certificat expiré n’est accepté nulle part : le logo disparaît des boîtes de réception, généralement sans que personne chez vous ne le remarque avant plusieurs semaines. C’est le défaut le plus courant sur les domaines qui ont fait le travail BIMI il y a deux ans.

Ce qu’il faut faire. Renouvelez le certificat auprès de l’autorité et publiez le nouveau fichier PEM à la même adresse. Le renouvellement est plus rapide qu’une première demande, mais il n’est pas immédiat.

Certificat de marque bientôt expiré

La validité s’achève dans moins de 30 jours.

Rien n’est encore cassé, et c’est précisément le moment d’agir. Passé l’échéance, le logo disparaît, et le rétablir demande de refaire une démarche dont le délai ne dépend pas de vous.

Ce qu’il faut faire. Lancez le renouvellement maintenant. Profitez-en pour inscrire dans votre agenda un rappel deux mois avant la prochaine échéance – c’est la seule mesure qui empêche durablement ce constat de revenir.

Certificat sans extension logotype

Le fichier est un certificat valide, mais il ne porte pas l’extension qui contient le logo vérifié.

C’est la marque distinctive d’un VMC ou d’un CMC : le logo est enchâssé dans le certificat lui-même, et c’est ce qui permet à la messagerie de vérifier que l’image affichée est bien celle qui a été contrôlée. Un certificat TLS ordinaire, aussi valide soit-il, ne contient pas cette extension.

Ce qu’il faut faire. Vérifiez que vous avez publié le bon fichier : le certificat de votre site web n’est pas un certificat de marque. Si vous n’en possédez pas, retirez le champ a= en attendant, plutôt que de laisser une adresse qui échoue.

Questions fréquentes

Combien coûte un certificat de marque ?

Selon l’autorité et la durée, quelques centaines d’euros à un peu plus de mille par an. Le prix affiché n’est pas le coût complet : si votre logo n’est pas déposé, il faut y ajouter la procédure de dépôt auprès de l’INPI ou de l’EUIPO, et ses délais.

Peut-on utiliser BIMI sans certificat ?

Techniquement oui, l’enregistrement reste valide. En pratique, Gmail et Apple Mail n’afficheront pas le logo. D’autres messageries sont moins exigeantes, mais l’effet est alors trop limité pour justifier le travail.

Mon logo s’affiche chez un destinataire et pas chez un autre. Pourquoi ?

Parce que chaque opérateur applique ses propres règles, et parce que les logos sont mis en cache pour des durées variables. Un changement de logo peut mettre plusieurs jours à se propager, et certaines messageries n’affichent le logo qu’après avoir observé un historique d’envois réguliers depuis votre domaine.

BIMI améliore-t-il la délivrabilité ?

Nous n’avons pas de mesure qui le montre, et nous n’affirmerons donc rien. Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que la condition d’entrée de BIMI – un DMARC appliqué – améliore, elle, la délivrabilité. Le logo est la partie visible ; le travail utile est en amont.

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