Listes de blocage : quand votre serveur est signalé

Une adresse de vos serveurs figure sur une liste de blocage. Ce que cela change à la remise de votre courrier, d’où cela vient et comment en sortir.

Mis à jour le 16 septembre 2026 · Rédaction Libration

Une liste de blocage est un annuaire d’adresses IP dont d’autres opérateurs ont constaté qu’elles avaient envoyé du courrier indésirable. Les serveurs destinataires interrogent ces annuaires avant d’accepter une connexion. Selon la liste et selon l’opérateur, un signalement se traduit par un refus pur et simple, un classement automatique en indésirables, ou simplement un point de défiance de plus.

Le point le plus désagréable est qu’on ne l’apprend pas. Un message refusé au niveau de la connexion ne produit pas toujours un avis de non-remise exploitable, et vos destinataires ne vous appellent pas pour signaler qu’ils n’ont rien reçu. Beaucoup d’entreprises découvrent le problème des semaines après son apparition, en cherchant pourquoi une relance est restée sans réponse.

Les listes que nous interrogeons

Nous prenons les adresses IPv4 de vos serveurs de messagerie et les interrogeons auprès de six listes :

ListeCe qu’elle recense
SpamCopAdresses signalées par les plaintes d’utilisateurs et des pièges à courrier
BarracudaAdresses observées par le réseau de filtrage de l’éditeur
PSBLListe ouverte, alimentée par des pièges à courrier
MailspikeRéputation d’expéditeur, du signalement le plus léger au plus sévère
GBUdb TruncateAdresses dont le trafic observé est massivement indésirable
s5hListe communautaire, alimentée par des signalements
Deux listes que nous n’interrogeons pas, volontairement
  • Spamhaus. Sa zone publique ne répond plus aux requêtes venues d’un centre de données sans clé d’accès : elle renvoie un code qui signifie « requête refusée ». Le compter comme « propre » serait faux, le compter comme un signalement le serait davantage. Nous préférons ne rien dire plutôt que dire quelque chose d’inexact.
  • UCEPROTECT. Cette liste bloque des plages d’adresses entières à cause d’un seul voisin, et fait payer le retrait. Un signalement chez elle ne dit rien sur le domaine vérifié.

Comment on y arrive

CauseCe qui s’est passé
Boîte compromiseUn mot de passe a fuité, quelqu’un envoie depuis votre serveur. La cause de loin la plus fréquente.
Site web piratéUn formulaire ou un module obsolète sert de relais d’envoi.
Voisin de palierSur un hébergement mutualisé, l’adresse est partagée. Le client d’à côté a envoyé, vous êtes signalé.
Liste d’adresses achetée ou ancienneLes pièges à courrier sont des adresses qui n’ont jamais rien demandé. Écrire à l’une d’elles suffit.
Serveur mal configuréUn relais qui accepte le courrier de n’importe qui, souvent sans que son exploitant le sache.

Les trois premières lignes couvrent la grande majorité des cas que nous voyons.

Les constats en détail

Serveur sur une liste de blocage

Au moins une adresse IP de vos serveurs de messagerie figure sur l’une des six listes. Le rapport indique laquelle, et pour quelle adresse.

L’effet dépend du destinataire, mais il n’est jamais favorable : refus à la connexion chez les uns, classement en indésirables chez les autres. Ce qui est certain, c’est que cela ne se corrige pas tout seul. Certaines listes retirent automatiquement une adresse après quelques jours sans nouvel incident, d’autres exigent une démarche.

Ce qu’il faut faire, dans cet ordre.

  1. Identifiez qui possède l’adresse. Si vos boîtes sont chez un hébergeur mutualisé – OVHcloud, o2switch, LWS, Infomaniak, IONOS – l’adresse n’est pas la vôtre et le retrait ne vous appartient pas. Ouvrez un ticket chez l’hébergeur avec le nom de la liste et l’adresse concernée. C’est son travail, et il a l’habitude.
  2. Cherchez la cause avant de demander le retrait. Une adresse retirée sans que la cause soit traitée est re-signalée en quelques jours, souvent avec un délai de retrait plus long la fois suivante. Vérifiez : les envois sortants de vos comptes, les journaux de votre site web, les formulaires de contact.
  3. Changez les mots de passe de toutes les boîtes du domaine si l’envoi vient de chez vous, et activez l’authentification à deux facteurs là où elle est disponible.
  4. Demandez le retrait sur le site de la liste concernée. La plupart proposent un formulaire public et gratuit. Soyez factuel : l’adresse, la cause identifiée, la correction apportée.
  5. Contrôlez ensuite. Relancez la vérification quelques jours plus tard. Une adresse propre, c’est bien ; une adresse propre un mois plus tard, c’est réglé.

Une remarque sur les prestataires payants de « nettoyage de réputation » : les retraits sur les listes que nous interrogeons sont gratuits et se demandent directement. Ce que vend le prestataire, c’est le temps qu’il y consacre.

Ce que cette vérification ne mesure pas

Nous interrogeons les adresses de vos serveurs de réception, celles que désignent vos enregistrements MX. Chez la plupart des hébergeurs, les mêmes machines servent à l’envoi, et le résultat est donc pertinent. Mais si vos campagnes partent d’un service externe – Brevo, Sarbacane, Mailjet, Mailchimp, SendGrid – ce sont les adresses de ce service qui comptent pour ces envois-là, et nous ne les voyons pas. Un résultat propre ici ne garantit donc pas que vos campagnes arrivent.

De même, notre mesure porte sur un instant. Une adresse peut être signalée une heure après votre vérification.

Questions fréquentes

Combien de temps dure un signalement ?

Cela dépend de la liste. Plusieurs retirent automatiquement une adresse après quelques jours sans nouvelle plainte. D’autres attendent une demande explicite. Dans tous les cas, le compteur repart si le comportement à l’origine du signalement se reproduit.

Mon hébergeur dit que ce n’est pas son problème. Que faire ?

Sur un hébergement mutualisé, c’est pourtant le sien : l’adresse lui appartient et il est le seul à pouvoir agir sur ses autres clients. Insistez en citant la liste, l’adresse et la date. Si la situation se répète, c’est un argument sérieux pour passer à une offre où l’adresse d’envoi vous est propre, ou pour confier vos envois à un service spécialisé.

Un signalement affecte-t-il aussi la réception ?

Non. Les listes portent sur les serveurs qui envoient. Votre capacité à recevoir du courrier n’est pas touchée – ce qui explique que le problème passe souvent inaperçu si longtemps.

SPF, DKIM et DMARC protègent-ils d’un signalement ?

Pas directement, mais ils y contribuent. Un domaine bien authentifié est plus difficile à usurper, donc moins susceptible d’être associé à des envois qu’il n’a pas faits. Et si vos messages sont signés, un signalement touchant l’adresse d’un voisin de palier vous nuit moins. Les détails sur les pages SPF, DKIM et DMARC.

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